Vos contacts au sein de l'APPA :
Courriel officiel :
appa@presseafricaine.info
Louis Keumayou (Président)
Tél. : +(336) 145 604 86 et
louis.keumayou@presseafricaine.info
James Ngumbu (Secrétaire Général) :
Tél. : +(336) 999
221 45 et
james.ngumbu@presseafricaine.info
Seidik
Abba (Chargé de Mission) :
Tél. : +(336) 740 756 78 et
seidik.abba@presseafricaine.info
Le Deuxième jour du Forum de la société civile, le 18 Avril, a été marqué par l’intervention du Secrétaire général CNUCED Supachai Panitchpakdi, qui a plaidé pour une meilleure intégration des pays du Sud dans les choix de gouvernance locale, et le passage à une « deuxième génération de la mondialisation, qui soit multipolaire ».
Depuis 10 ans qu’il est SG, il pourrait pour la première fois augmenter son personnel, grâce à une augmentation du budget pour laquelle le SG de l’ONU est favorable.
Le SG a exprimé sa préoccupation devant la répétition de certaines crises, « que l’on pourrait tenter d’empêcher ».
Son intervention a principalement porté sur la crise alimentaire mondiale actuelle. Il précise trois mesures qui pourraient être mises en œuvre pour assurer la durabilité de l’approvisionnement alimentaire :
Il a également abordé de manières plus brèves les thèmes suivant :
· Les pays de l’OCDE doivent respecter leur engagement sur le niveau de l’APD (0,7 points de PIB)
· La libéralisation du secteur financier doit être régulée (les Edge Fund notamment)
· L’aide pour le commerce est fondamentale dans le mandat de la CNUCED, qui est l’organe des Nations Unis le mieux équipé pour réguler cette aide.
· Enfin, il a rappelé l’importance de la CNUCED dans les expertises sur les APE et a appelé les organisations de la société civile à être particulièrement vigilantes sur les questions d’investissements directs étrangers.
Synthèses thématiques des groupes de travail.
Les travaux de la société civile se sont poursuivis durant toute cette deuxième journée au cours des tables rondes.
La régionalisation[1]
Dans quelles mesures l’intégration régionale est une solution à la mondialisation des échanges ? Les nombreuses discussions autours des APE ont largement mis en avant les besoins d’intégration régionale pour assurer le développement économique des ACP.
La nécessité de la régionalisation est clairement identifiée étant donné la faible taille des pays ACP et en particulier en Afrique de l’Ouest. Cependant, l’intégration régionale ne peut être qu’un catalyseur du développement économique. Ce n’est ni une condition nécessaire, ni une condition suffisante au développement. Historiquement, de très nombreuses tentatives d’intégration régionale ont eu lieu ; en règles générales les échecs furent patents. Une explication avancée est celle du manque de consultation et de prise en compte des populations. L’aspect économique n’est pas suffisant pour promouvoir une intégration régionale en Afrique. De ce point de vue, la situation en Afrique de l’Ouest est particulièrement intéressante. Les pays créés lors de la colonisation ne reposent pas sur des unités sociologiques cohérentes. A contrario, l’Afrique de l’Ouest présente une certaine cohérence sociologique : de nombreuses ethnies sont présentes sur l’ensemble de la sous-région. De plus, avant la colonisation, de grands empires régnaient sur plusieurs pays de la région. En Afrique de l’Ouest, la région a donc un sens pour la population, ce qui rend l’intégration régionale pertinente.
Cependant, depuis la création de la CEDEAO en 1975, le bilan est mitigé. Certaines réussites sont importantes : le passeport CEDEAO permettant la libre circulation des personnes, par exemple. A contrario, du point de vue économique de nombreux échecs sont à déplorer. Le commerce intra-régionale reste très faible et essentiellement réalisé par des multinationales étrangères ayant investi dans des entreprises locales.
Dans le cadre de la négociation APE, les besoins d’intégration sont régulièrement réaffirmés. Il est donc important qu’une réelle intégration (et pas uniquement un TEC) se mette en place avant la libéralisation avec l’UE. Pourtant, le calendrier des négociations ne permet pas, à l’heure actuelle, une telle flexibilité.
Une intégration réussie devrait se fonder sur les complémentarités agricoles entre Etats pour mettre en place un réel marché régional intégré des matières premières. La mise en place de ce marché demande des politiques commerciale et agricole régionales cohérentes : protections aux frontières, structuration des filières (mise en place d’un observatoire des marchés par exemple), mobilisation concertée des investissements, etc.
Enfin, il faut noter que la négociation à marche forcée des APE a redynamisé l’intégration régionale au travers (i) de négociations intenses entre les états de la CEDEAO et (ii) d’une très forte mobilisation de la société civile de toute la sous-région qui a porté des messages communs auprès de tous les gouvernements et directement auprès de la CEDEAO.
Note : Dans les négociations APE, et plus généralement pour l’ensemble des PED, les besoins de régulations des Investissements Directs Etrangers (IDE) sont très fortement exprimés par la société civile. Par exemple, le rapatriement des bénéfices doit est contrôlé. En Afrique de l’Ouest cela signifie la mise en place d’une politique sectorielle régionale sur l’investissement avant la négociation APE.
Agrocarburant en Afrique
Un débat autour du développement des agrocarburants est organisé, à l’initiative d’organisations du Nord (IATP, CCFD) et d’organisations panafricaines (ROPPA, ACORD, PELUM). La soixantaine de participants, principalement des africains venus des quatre coins du continent, ont pu initier un débat inédit sur les menaces et opportunités de ces filières émergentes en Afrique, et réagir aux différentes annonces de plans officiels nationaux parfois très ambitieux.
Le manque de consultation des agriculteurs est unanimement souligné. « Tout se fait comme si seuls les gouvernements avaient droit de cité, et devaient dire aux petits paysans ce qu’ils doivent faire ou pas faire », dénonce un délégué béninois (Synergie paysanne), à propos de la récente annonce du Président d’un projet de 250 000 ha porté par une entreprise italienne. Le rôle des grandes entreprises, « véritables bénéficiaires grâce au commerce, tandis que les paysans sont les perdants », est critiquée à plusieurs reprises. La question de la maîtrise du foncier est pointée par un ghanéen : « le problème c’est que nous ouvrons toujours nos terres aux étrangers, alors que nous devrions nous préoccuper de nos intérêts ». « On nous dit : cultivez du jatropha pour dégager des revenus, et vous pourrez acheter les aliments qu’on vous exporte. Mais c’est de la sécurité alimentaire dont l’Afrique a besoin, et nous avons le potentiel !», s’exclame un éthiopien.
D’autre part, « l’intérêt de la culture du jatropha doit encore être confirmée scientifiquement. Le bilan énergétique est-il vraiment positif ? des cultures à grande échelle ne vont-elles pas épuiser les terres ? » questionne un représentant sénégalais du ROPPA. « Mais si cela était confirmé, notre prochain combat sera d’interdire les exportations de l’huile, pour répondre aux besoins énergétiques des populations ». Un argument appuyé par un représentant paysan de Zambie, où du jatropha est cultivé depuis plus de 20 ans pour des usages domestiques. « Cela ne pose pas de problème car nous n’utilisons que 9% des terres cultivables, mais aussi parce que nous respections un double principe : l’alimentation d’abord, et des aliments pour tous ».
Les délégués africains, membres d’organisations paysannes ou de développement, insistent en effet sur la nécessité de conjuguer le défi alimentaire et les besoins énergétiques, sans céder aux sirènes des filières d’exportations. « Notre faiblesse c’est de ne pas anticiper et faire des choses qui soient bonnes pour nous », reprend le délégué du ROPPA. « Il faut se méfier des fonds étrangers, qui ne signifient pas toujours un meilleur développement, car les bénéfices sont rapatriés », précise la coordinatrice nationale paysanne du Ghana. Un représentant d’ActionAid rappelle également que « l’Afrique doit chercher à optimiser ses alternatives énergétiques, telles que l’hydraulique, l’éolien ou le solaire ».
Par ailleurs, « les organisations européennes doivent plaider pour une suppression de l’objectif d’incorporation de 10% d’agrocarburants dans les transports d’ici 2020, car il induit un recours à l’importation et encourage une pression de la part des entreprises et des gouvernements dans l’accès au foncier en Afrique », précise un délégué français. « Sur la question des APE, la société civile africaine s’est mobilisée trop tard », regrette un membre du ROPPA. « Ne faisons pas la même erreur avec les agrocarburants, faisons un travail de prospective, emparons-nous du débat ! ».
Contact : Ambroise Mazal, a.mazal@ccfd.asso.fr
crédit photo : Damien Lagandré, GRET
Ferrier
ferrierATcoordinationsud.org : 01 44 72 80 03| Septembre 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | |||||||
|
||||||||||