Abris antiatomiques : la guerre en Ukraine fait s'envoler les ventes

En France, ces dernières semaines ont été particulièrement fructueuses pour les fabricants d’abris antiatomiques. Craignant une attaque des Russes dans l’Hexagone depuis le début des affrontements avec l’Ukraine, les Français se ruent en effet de plus en plus sur les bunkers.

Alors que la Russie attaque l’Ukraine depuis le 24 février, la crainte d’une guerre avec l’Europe se fait de plus en plus ressentir. Dans ce contexte, la plupart des pays se préparent au pire et hier mercredi, Paris a ainsi annoncé avoir testé avec succès la version modernisée de son missile nucléaire ASMPA, un processus qui entre dans la composante aérienne de la dissuasion française. La France est en effet le seul pays de l’Union européenne doté de l’arme nucléaire, pouvant être employée soit par les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), soit par les avions Rafale équipés des ASMPA.

Autrement dit, l’Hexagone a de quoi se défendre au plan nucléaire, mais cela n’apaise pas les craintes d’une partie de la population qui craint une attaque atomique. Ce faisant, le marché est en plein boum et les fabricants d’abris antinucléaires voient une clientèle plus nombreuse affluer et leur chiffre d’affaires exploser.

Enzo Petrone, parton de la société Amesis Bat basée à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), a d’ailleurs confié à CNEWS que cette période est particulièrement fructueuse pour son entreprise. Il propose des abris antiatomiques pour un prix moyen de 89.000 euros et a «déjà signé six contrats en vingt jours.» 

Une installation qui n’est pas simple

Le bunker est équipé d’un réseau d’électricité été, d’eau, de lits, d’une sortie de secours et d’un sas de décompression, le tout dans une surface habitable de 14 m2 pouvant accueillir jusqu’à 6 personnes. D’autres fabricants pratiquent des tarifs bien plus élevés pouvant grimper jusqu’à 120.000 euros avec une capacité plus importante. 

Les entreprises spécialisées dans le domaine ne sont pas nombreuses, et la mise en place de l’installation est longue. Il faut en effet faire une étude du terrain, demander des autorisations de la mairie pour obtenir un permis de construire… A cela s’ajoute un délai d’attente d’environ trois mois avant d’être livré.

Pour d’autres pays comme la Suisse, avoir un abri antiatomique chez soi est une obligation depuis la Guerre froide. D’autres bunkers sont aussi disposés dans les lieux publics. Aussi, il y a une place dans un abris pour chacun des 8,6 millions d’habitants en cas d’attaque. 

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