Densification heureuse

«Pour que chaque ménage ait son pavillon, il nous faudrait plusieurs France. On est allé au bout du bout de ce modèle qui n’est pas tenable. On a gaspillé au maximum terres et matériaux. » Christine Leconte, présidente du conseil national de l’Ordre des architectes et coautrice de Réparons la ville ! (1), résume la politique – ou l’absence de politique – de l’habitat et de l’urbanisme de ces dernières décennies. Les dégâts de la « pavillonarisation » sont là : disparition des espaces naturels et des terres agricoles fertiles ; biodiversité en phase d’extinction ; émissions massives de gaz à effet de serre ; centres-villes qui se dévitalisent ; prolifération de centres commerciaux cernés de parkings ; lotissements périurbains inféodés à la voiture et où, in fine, malgré son carré de jardin, il ne fait pas toujours si bon vivre. L’étalement urbain est aujourd’hui dans le collimateur. Les opérations de moins de huit logements par hectare sont responsables de 51 % de la consommation d’espaces, relève le centre d’étude Cerema. Du coup, le législateur a fixé un objectif de zéro artificialisation nette pour 2050. Les remèdes existent. La ville peut se réparer et se réinventer, il est possible de réhabiliter l’habitat dégradé, réinvestir les friches industrielles, renaturer des espaces, sanctuariser les terres agricoles, rehausser la qualité des logements collectifs, diversifier et réhumaniser les zones pavillonnaires, etc. L’Ordre des architectes, dans son plaidoyer, formule seize propositions pour une densification heureuse sans pour autant crier haro sur la maison individuelle. Les pouvoirs publics portent un plan « Action cœur de ville » pour redynamiser les centres désertés des villes moyennes. Et sept territoires lauréats se lancent dans la reconquête de la maîtrise de leur territoire.

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