L'association l'Ère du peuple, prestataire de la campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017, a été mise en examen

Le 3 février dernier, l’association l’Ère du peuple a été mise en examen notamment pour des faits «d’escroquerie aggravée». L’association avait fait partie des prestataires de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017.

C’est une source judiciaire qui a confirmé à l’AFP cette mise en examen de l’Ère du peuple annoncée mercredi 23 mars 2022 par Mediapart.

Cette dernière s’inscrit dans l’enquête des comptes de campagne du candidat de la France Insoumise (LFI). Créée en 2015, cette association avait la charge de la logistique des meetings de Jean-Luc Mélenchon lors de sa campagne présidentielle de 2017.

En mars 2021, le juge d’instruction, en charge du dossier, avait fait le choix de mettre en examen l’association pour «prêt illicite de main-d’œuvre» et de lui accorder un statut de témoins assistés. En février 2022, la position du magistrat change et l’Ère du peuple est mise en examen pour «faux, usage de faux, escroquerie et tentative d’escroquerie aggravée».

Des surfacturations au cœur de l’affaire

L’association avait facturé 440.027 euros au candidat pour des locations de salles ou de matériel informatique et des prestations intellectuelles de ses quatre salariés, parmi lesquels les députés Bastien Lachaud, déjà mis en examen, et Mathilde Panot.

La Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) avait relevé une différence de 152.688 euros entre les salaires versés aux députés et les montants facturés pour leurs prestations au mandataire. Selon Mediapart, cela a permis à l’association de dégager une marge de 66% et 59% pour les deux députés.

Chargée de valider le remboursement des dépenses des candidats avec l’argent public, la commission avait refusé de rembourser cette marge réalisée par l’Ère du peuple et avait signalé les faits à la justice.

Candidat à la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon conteste toute infraction, dans cette enquête et dans la seconde information judiciaire, toujours en cours, concernant l’emploi des assistants parlementaires de LFI au parlement européen.