Mort d'Yvan Colonna : les drapeaux de la Collectivité de Corse en berne créent polémique

La Collectivité de Corse a annoncé mardi 22 mars dans un communiqué la mise en berne de ses drapeaux à la suite de la mort d’Yvan Colonna, assassiné par un détenu alors qu’il purgeait sa peine pour le meurtre du préfet Erignac à la prison d’Arles (Bouches-du-Rhône). Une décision qui, dès le lendemain, a créé bon nombre de réactions.

Très symbolique, cette mise en berne des drapeaux de la Collectivité a pour but d’exprimer tristesse et soutien au peuple corse, très touché par la mort du militant indépendantiste.

Si l’acte est très fort, il a engendré le déssaroi de beaucoup de personnes qui n’ont pas manqué de le faire savoir. Parmi elles, des personnalités publiques comme Bernard Jomier, médecin généraliste et sénateur écologiste, se sont indignées : 

Le député LR du Vaucluse, Julien Aubert, ou encore le philosophe Raphaël Enthoven se sont également offusqués sur Twitter :

Des réactions qui sont loin d’être isolées, le sujet occupant de la mise en berne occupant même les «tendances» du réseau social Twitter un certain nombre d’heures.

Une forte mobilisation

Au cœur d’une crise identitaire, les Corses expriment leur colère depuis la mort d’Yvan Colonna. Encore ce mercredi, Plusieurs manifestations étaient prévues sur place. La session spéciale de l’Assemblée de Corse qui était prévue jeudi a elle été annulée pour respecter «le deuil des proches» d’Yvan Colonna, explique-t-elle dans un communiqué, en ajoutant que la Corse avait perdu «un fils patriote et soucieux de sa terre».

Hier mardi, plusieurs recueillements ont déjà eu lieu sur l’île de Beauté, sur fond d’appels au calme, comme notamment celui d’Emmanuel Macron. A Ajaccio, près de 250 jeunes ont déambulé en partant de leur lycée pour aller déposer des bougies et chanter devant la cathédrale de la capitale.

Monseigneur François Bustillo, l’évêque de Corse, a lui a aussi rendu hommage à Yvan Colonna. L’Eglise catholique de Corse a d’ailleurs recueilli ses propos pour les publier dans un communiqué. 

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé hier le transfert dans une prison Corse des deux autres membres du «commando Erignac» : Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, actuellement incarcérés à Poissy en Île-de-France, d’ici à la mi-avril.

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