Paris : Rachida Dati dénonce «l'inquiétante situation budgétaire de la Ville»

Un budget insincère ? La chef de file de l’opposition parisienne à droite, Rachida Dati, a écrit un courrier ce lundi 21 mars au préfet de Paris et d’Ile-de-France afin d’attirer son attention «sur le caractère inquiétant de la situation budgétaire et financière de la Ville de Paris» et réclame à nouveau sa mise sous tutelle.

Dans cette lettre, la maire LR du 7e arrondissement demande notamment au préfet de la région Marc Guillaume «la mise en œuvre d’un contrôle particulièrement attentif des prochaines opérations budgétaires, financières et comptables de la Ville de Paris», estimant que les dépenses prévues par cette dernière dans le cadre du budget primitif de 2022 l’ont été «à un niveau trop élevé».

Des dépenses trop importantes ?

Elle déplore également la décision mi-janvier de la municipalité parisienne de geler les dépenses de fonctionnement à hauteur de 15 %, ainsi que les dépenses d’investissement à hauteur de 5 à 10 % pour certaines directions de la Ville. Soit, selon elle, un gel d’«environ 1,25 milliard d’euros» pour les dépenses de fonctionnement et compris «entre 82 et 165 millions d’euros» pour les dépenses d’investissement.

Interrogé à ce sujet, Paul Simondon, l’adjoint chargé des finances de la Ville, avait à l’époque assuré au Parisien qu’il s’agissait «d’un mécanisme de régulation» sans conséquence sur le budget adopté en décembre par le Conseil de Paris. Et d’expliquer : «la mise en réserve d’une partie des crédits en début d’année est un exercice habituel de pilotage de la dépense visant à assurer une bonne exécution budgétaire tout au long de l’année».

«Ce gel inédit et considérable nous interpelle : pour la première fois, l’exécutif de la Ville de Paris se voit obligé de bloquer un montant important de son budget, dès le mois de janvier», souligne de son côté Rachida Dati, qui craint que «l’ampleur des sommes concernées […] remette en cause la sincérité du budget» présenté en décembre dernier. Pire, l’élue pointe le risque que la Ville se retrouve dans «l’incapacité de couvrir ses dépenses trop importantes».

En 2024, le boulevard Saint-Germain marquera la limite sud de la zone à trafic limité.

Et de citer la note de la Chambre régionale des comptes (CRC) datée du 14 janvier, qui faisait état de «l’insuffisance du niveau d’épargne» de la Ville de Paris, de «la perte de ses marges de manœuvre financières» ainsi que de «l’impact durable de la crise sanitaire de 2020». Les magistrats avaient alors invité la municipalité «à réexaminer le niveau de ses charges de gestion et la soutenabilité de sa politique d’investissement».

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