Pourquoi le changement climatique aggrave le trafic d’être humains

C’est une tendance inquiétante qui devrait se renforcer dans les décennies à venir. Le réchauffement climatique et ses conséquences catastrophiques, déjà perceptibles dans certains pays en développement, entraînent une hausse du trafics d’êtres humains de toutes sortes : prostitution, traite des migrants, travail forcé, trafic d’organes…

C’est le constat de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport annuel publié le 24 janvier. Rien qu’en 2021, soulignent ses auteurs, 23 millions de personnes ont été déplacées à cause de désastres météorologiques.

Les trafiquants ont ainsi profité des typhons qui ont frappé les Philippines pour s’en prendre aux communautés les plus plus exposées, pêcheurs et agriculteurs. En 2013, 21 000 familles de la région des Visayas orientales ont perdu leurs récoltes après le passage de l’ouragan Haiyan.

Dans les deux années suivantes, les autorités locales ont enregistré 670 cas tombant dans le cadre du trafic d’êtres humains auprès des victimes de ces intempéries qui ne se sont jamais tout à fait remises du choc économique.

Les populations les plus vulnérables aux changements climatiques

Les mangroves des Sundarbans, au Bangladesh, sont également profondément endommagées par les aléas du climat et la montée des eaux. Par ricochet, l’appauvrissement des ressources contraint certains fermiers à renoncer à leurs activités traditionnelles. « De nombreux exemples de servitudes pour dettes ont été documentés dans les pêcheries de la région, qui emploient souvent des enfants comme force de travail, note le rapport de l’ONUDC. Les trafiquants utilisent les difficultés économiques de la population qui sont contraintes de s’adapter à la réduction de leurs activités traditionnelles. »

Dans le nord du Ghana, les sécheresses entrecoupées d’épisodes d’inondations ont poussé sur les routes de nombreux villageois à la recherche d’un emploi. Une partie des migrants ont fini dans les mines artisanales et illégales où les accidents mortels sont fréquents et le travail harassant.

Selon l’ONUDC, des trafiquants recrutent également des femmes et des enfants pour des tâches de manutention en leur promettant des salaires qu’ils ne touchent jamais, les contraignant au contraire à s’endetter et à travailler davantage pour rembourser leurs prêts.

Le rapport insiste enfin sur le poids des guerres dans les trafics en tous genres. D’après l’Onu, deux milliards de personnes habitent des pays affectés par des affrontements armés, et 274 millions ont un besoin d’assistance humanitaire. Ce sont parmi ces populations les plus vulnérables que les trafiquants recrutent leurs victimes, à commencer par les enfants soldats, un phénomène qui touche particulièrement l’Afrique. L’exploitation, par les passeurs, des migrants et autres demandeurs d’asile originaires de zones de guerre est également une source importante de revenus.

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