Sandrine Rousseau souhaiterait la mise en place d'un «délit de non-partage des tâches domestiques»

Lundi 21 mars, la finaliste de la primaire écologiste Sandrine Rousseau était l’invitée de Madmoizelle pour un live Twitch. Une intervention durant laquelle elle a abordé le sujet des inégalités hommes-femmes.

Exclue de la campagne de Yannick Jadot au début du mois de mars, Sandrine Rousseau a tout de même évoqué de nombreux sujets sociétaux, la présidentielle arrivant à grands pas (premier tour le 10 avril).

C’est durant son intervention qu’elle a fait une proposition très remarquée : celle de mettre en place «un délit de non-partage des tâches domestiques» au même titre que les violences conjugales par exemple. Elle dénonce un «impensé des politiques d’égalité femmes-hommes» et assure que «le privé est politique et tant qu’on ne donne pas les moyens aux femmes de véritablement obtenir l’égalité sur le partage, on n’y arrivera pas».

Elle rappelle toutefois qu’il s’agit d’un souhait et non d’une proposition, n’étant pas candidate à la présidentielle. Sandrine Rousseau, défaite de la primaire écologiste, devrait tout de même se présenter dans le 13e arrondissement de Paris pour les législatives.

Le fossé se creuse

Pendant la crise sanitaire et ses confinements, la situation est loin de s’être améliorée pour les femmes. Une hausse des violences sexistes, une baisse de la santé mentale, mais aussi de plus en plus d’inégalités au niveau de la répartition des tâches ménagères entre les hommes et les femmes ont été constatées.

Une étude menée par l’ONU montre que les femmes, pendant la pandémie, ont consacré plus de temps aux tâches ménagères qu’à leur emploi, par rapport aux hommes et par rapport à avant la crise sanitaire. Ces études révèlent que «les inégalités se sont creusées et on a pris vingt ans de retard», dénonce dans l’AFP Marion Tillous, maîtresse de conférences en géographie et études de genre à l’université Paris VIII.

Selon une autre étude de l’INSEE datant de 2012, les femmes réaliseraient 72 % des tâches ménagères, pour en moyenne 1h30 de travail quotidien supplémentaire par rapport aux hommes.